L’ictère du nouveau-né

L'ictère du nouveau-né

L’ictère du nouveau-né est du à une augmentation de la concentration de bilirubine et survient dans les jours qui suivent l’accouchement (débute au 2ème jour et s’achève généralement avant le 10ème jour avec un pic au 4-5ème jour). Elle est fréquente chez les nouveaux-nés et régresse généralement spontanément. Elle fait néanmoins l’objet d’un dépistage systématique en maternité car un taux trop important de bilirubine nécessite un traitement par photothérapie.

C’est l’excès de bilirubine qui donne la jaunisse ou ictère. Cette bilirubine est produite par la destruction des globules rouges lors de leur renouvellement, et est normalement éliminée par le foie chez l’adulte en bonne santé. Au cours de la vie intra-utérine, elle est conjuguée et épurée par le foie de la mère. Chez le nouveau-né, ce renouvellement est deux fois plus élevé qu’aux autres périodes de la vie et la dégradation par le foie est parfois inférieure à sa production, d’où l’accumulation et l’apparition d’une jaunisse. Il faut quelques jours pour équilibrer production et élimination.

L’ictère concerne environ 60% des nouveau-nés. En cas d’accumulation trop importante de l’ictère, la bilirubine peut se fixer sur les graisses tissulaires du système nerveux central. Elle présente une toxicité pour le cerveau, en cause dans l’ictère nucléaire qui est la première cause d’encéphalopathie évitable. Cette complication survient rarement, néanmoins elle nécessite une surveillance et une vigilance dans les premiers jours de vie.

Les facteurs de risque

Il existe différents types d’ictère liés à différentes causes. Les principaux risques d’ictère sont :

  • Un nouveau-né un peu plus jeune (36-37SA) dont le foie a plus de difficultés à éliminer la bilirubine
  • Une incompatibilité de groupe sanguin entre la mère et le nouveau-né (Rhésus ou système ABO). La mère fabrique des anticorps dirigés contre les globules du nouveau-né car les globules du nouveau-né s’ils sont de groupe ou de Rhésus différents peuvent être identifiés comme étrangers par le système immunitaire maternel. Ce n’est pas fréquent, et cette cause est recherchée en cas d’ictère
  • Un antécédent d’ictère dans la fratrie
  • Une grosse bosse ou hématome sur la tête qui en se résorbant va libérer beaucoup de bilirubine
  • Un enfant qui mange peu

D’autres causes multiples peuvent exister. Dans tous les cas, si votre nouveau-né est hypotonique, ne s’alimente pas, est jaune ou a des selles décolorées, informez la sage-femme, le pédiatre ou le médecin qui vous suit.

Le dépistage

Le dépistage repose sur une surveillance quotidienne de la coloration de la peau de votre nouveau-né en maternité, et généralement d’une mesure à l’aide d’un bilirubinomètre transcutané. Cet examen est non invasif et donne un résultat immédiat. Il repose sur la réflectance d’un spectre de lumière blanche sur le corps de bébé mesurant l’intensité de certaines longueurs d’onde. Le taux mesuré doit être inférieur au seuil au-delà duquel l’ictère est pathologique et nécessite un traitement. En cas de doute, une prise de sang est réalisée.

Les traitements

C’est la lumière qui permet de traiter l’accumulation de bilirubine et donc l’ictère. Si votre nouveau-né est un peu jaune, on vous conseille généralement de l’exposer à la lumière du jour et de le laisser près des sources de lumière naturelle au lieu de l’enfermer dans une pièce sombre.

Le traitement de première intention de l’ictère pathologique est la photothérapie. Elle consiste en des séances de plusieurs heures sous une lumière bleue (et non pas des ultra-violets). Votre nouveau-né est donc gardé en surveillance durant ces heures de traitement et vous le récupérez entre deux séances. Le traitement dure généralement deux ou trois jours et repousse parfois la sortie d’une ou plusieurs journées.

En cas d’ictère sévère résistant au traitement, ou dans certains cas très particuliers où la photothérapie ne suffit pas, l’exanguino-transfusion peut être envisagée. C’est néanmoins rarissime puisque seulement une dizaine sont pratiquées en France par an. L’exanguino-transfusion consiste à remplacer tout ou une grande partie du sang du malade par le sang d’un donneur via la veine ombilicale généralement. Si elle n’est pas accessible, un cathéter veineux central, fémoral ou jugulaire peut-être envisagé chirurgicalement ou en réanimation.Cette procédure, non douloureuse, dure de deux à quatre heures.

fr_FRFrench
en_USEnglish fr_FRFrench