Pré-travail

Qu'est-ce qu'une contraction ?

L’utérus est un muscle, et c’est la contraction de ce muscle qui contribue à l’accouchement. Les contractions peuvent être ressenties de différentes manières : dans le bas ventre, dans tout le ventre, dans les reins… parfois, elles ne sont pas douloureuses et passent inaperçues.

Plus on est tôt dans la grossesse, moins les contractions sont les bienvenues. En effet, elles peuvent plus facilement ouvrir le col et être la cause d’un accouchement prématuré. En début de grossesse, elles peuvent se manifester par des douleurs de règles. Même si elles ne sont pas intenses, il est préférable de ne pas en avoir du tout. Par la suite, les personnes qui vous suivent sont particulièrement vigilantes à ce qu’elles ne dépassent pas une dizaine par jour. Généralement, le repos est la première mesure à prendre, et entraîne une accalmie immédiate.

En fin de grossesse, dès que l’on passe le cap de la prématurité en entrant dans le neuvième mois (à 37SA), les contractions ne sont plus un problème et sont même bienvenues pour préparer le col à l’accouchement.

Pré-travail, faux travail...

Le pré-travail se définit comme étant la période durant laquelle la maturation du col de l’utérus a lieu. Cette période est plus ou moins longue. Elle peut durer plusieurs heures comme parfois plusieurs jours. C’est une phase de latence durant laquelle les contractions utérines seront plus ou moins régulières, plus ou moins douloureuses selon les femmes et vont agir pour aider le col à se raccourcir, se ramollir et se dilater.

Le pré-travail se différencie du faux travail.

Le faux travail se définit par les contractions régulières et douloureuses qui peuvent durer quelques heures puis finissent par s’arrêter. Ces contractions peuvent entraîner ou non des modifications cervicales.

Dans certaines situations, les patientes peuvent avoir des épisodes de contractions utérines qui peuvent être régulières, douloureuses et durer dans le temps sans entraîner de modifications cervicales, c’est ce qu’on appelle une dystocie de démarrage. Dans ce cas-là, malgré le fait que le travail n’aie pas réellement commencé, les patientes peuvent être hospitalisées afin de prendre en charge la douleur.

Comment gérer les contractions ?

Les femmes qui souhaitent accoucher avec une péridurale doivent supporter les contractions jusqu’à une dilatation d’environ 3cm du col, à laquelle la péridurale est généralement posée. Les femmes qui souhaitent accoucher sans péridurale devront donc s’armer de patience et supporter les contractions beaucoup plus longtemps.

Alors comment gérer les contractions ? La part psychologique ne doit absolument pas être négligée. Elle est même primordiale. La comparaison avec un marathon est adéquate. Imaginez que vous devez courir les 42,195 kilomètres d’un marathon. Les premières foulées, les premières minutes, les premiers efforts sont tout à fait supportables. Finalement, ce qui devient difficile à gérer, c’est l’accumulation dans le temps de la fatigue, de la douleur. Qu’est-ce qui fait que certaines personnes finissent le marathon là où d’autres abandonnent ? Il y a certes la préparation physique, mais aussi la préparation mentale. Ou comment ne pas céder à la pensée grandissante “Je ne vais jamais y arriver. Et puis, autant laisser tomber, pourquoi m’infliger tout cela ?”.

Pour l’accouchement, c’est pareil. Les premières contractions utérines sont supportables. Elles viennent et repartent, et il est possible de souffler entre. Puis elles vont s’intensifier. La peur de l’après, d’avoir plus mal par la suite, est l’un des facteurs qui décourage les femmes :”Si j’ai autant mal, qu’est-ce que ça va être après ?”. Et pourtant, des femmes parviennent à se mettre dans une sorte d’état second, qui leur permet de gérer la douleur. Une patiente raconte : “J’ai le souvenir d’avoir eu pour mon accouchement le champs de vision réduit, comme si je ne voyais pas autour de moi. J’ai suivi la sage-femme et je me suis retrouvée devant un clavier d’ordinateur, je ne comprenais pas ce que je faisais là. J’étais ailleurs. Puis on m’a emmenée en salle d’accouchement et j’ai pu avoir la péridurale”. Une autre patiente relate : “Je me disais que je ne supporterais pas la douleur, que je n’y arriverais jamais. Et puis j’ai pris conscience qu’il fallait que je me raisonne, j’ai lâché prise et je me suis concentrée, et là j’ai pu faire face à la douleur”. Nous, sages-femmes, avons toutes accouché des patientes qui n’ont pas même hurlé lors d’un accouchement sans péridurale, et qui étaient calmes alors même qu’elles se concentraient sur les efforts expulsifs.

Comment savoir si je suis en travail ?

Généralement, pour un premier bébé, on conseille aux futures mamans d’attendre deux heures de contractions utérines douloureuses, régulières toutes les cinq à dix minutes. Une contraction dure environ trente secondes. Si une contraction ne se relâche pas et que votre ventre reste dur, allez consulter aux urgences. Lorsque les contractions se régularisent, pensez à prendre un bon bain ou une bonne douche tout en appliquant le jet d’eau là où les contractions sont douloureuses (le dos, le ventre). Souvent, les patientes se sentent mieux dans l’eau pour gérer les contractions. Restez dans le bain aussi longtemps que vous le souhaitez !

Lors de la mise en travail, il y a tout de même une notion d’intensification : les contractions sont de plus en plus rapprochées, de plus en plus douloureuses. Si la fréquence et l’intensité sont irrégulières, voire qu’elles tendent à s’espacer, c’est que ce n’était pas le travail. En effet, lorsque le travail est lancé, il ne s’arrête pas. Inutile donc d’aller consulter si tout va bien par ailleurs juste pour faire le point.

Le principal intérêt d’être à la maternité est d’évaluer la dilatation du col et d’avoir la péridurale. Si vous gérez bien les contractions, attendez à la maison, ainsi vous êtes sûre de ne pas vous rendre trop tôt aux urgences. Il est quand même rare d’accoucher à domicile. Pour vous donner un ordre d’idée, en 2016, seules 5000 naissances sur les 784 000 ont eu lieu à domicile, et dans neuf cas sur dix la patiente a bénéficié de l’assistance d’un médecin ou s-d’une sage-femme (Source INSEE Focus n°92). Cela permet de relativiser et d’apaiser vos craintes. Précisons que si votre bébé bouge moins ou que vous perdez du sang, il faut vous rendre à la maternité même si les contractions sont gérables.

Lorsque la gestion de la douleur devient difficile donc, rendez-vous aux urgences. Si à votre arrivée le travail a bien démarré, la péridurale pourra vous être proposée. Sinon, vous pourrez encore marcher, travailler le col et le bassin en utilisant le ballon. N’hésitez pas à mettre de la musique et à danser dessus, c’est très bon pour le bassin !

La douleur

Selon l’International Association for the Study of Pain, la douleur est définie comme “une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes“. Il existe quatre composantes de la douleur :

  • sensori-discriminative : elle est liée au stimulus nerveux et concerne les caractéristiques de la douleur décrites par le patient (intensité, localisation, durée, type de douleur…). Nous ne pouvons absolument rien changer à cette composante.
  • affectivo-émotionnelle : c’est le vécu de la douleur par la patiente, et les retentissements sur son humeur (angoisse, dépression…)
  • composante cognitive : c’est ce que représente la douleur, que ce soit socialement, dans la culture, dans l’histoire de la personne. La rencontre de Sylvie Testud chez les Gorane dans l’émission Rendez-vous en terre inconnue illustre parfaitement cette différence culturelle. La femme Gorane raconte à Sylvie Testud qu’elle travaille jusqu’au jour de l’accouchement et qu’elle accouche seule dans sa maison sans aide. Elle appelle les autres une fois qu’elle a coupé le cordon.
  • composante comportementale : c’est l’expression de la douleur, motrice, verbale et non verbale. Certaines femmes expriment leur douleur en criant, d’autres en claquant simplement des doigts.

Il n’existe pas de prise de sang permettant de doser la douleur. La douleur est subjective et évaluée par la personne qui la ressent. elle varie d’une personne à l’autre. Il est important d’avoir cela en tête car autant vous ne pourrez pas jouer sur la composante sensori-discriminative, autant vous pouvez jouer sur les trois autres composantes. C’est là que réside la préparation.

La respiration

Pour vous permettre d’entrer dans cette extrême concentration, la respiration est un outil formidable. L’expression “Respire un coup” prend tout son sens, c’est bien que la respiration apaise. En effet, elle permet de détourner l’attention de la douleur, et de la focaliser sur l’inspiration et l’expiration qui donnent un rythme et permettent d’oxygéner le bébé. La méditation, la sophrologie, le yoga proposent énormément d’exercices autour de la respiration. Lorsque la douleur est très intense, de nombreuses femmes ont tendance à se crisper, à gémir. Or, la douleur reste la même, que vous criez, respiriez… Il est donc préférable dans la mesure du possible de respirer. En prenant de grande inspirations, et en expirant. Votre compagnon ou compagne peut vous aider en vous disant “Regarde-moi et souffle avec moi” afin que vous souffliez par mimétisme.

La mobilisation

La deuxième attitude est la mobilisation avant la pose de péridurale. En effet, rester allongée est difficile et de nombreuses postures peuvent vous aider. Vous trouverez le jour J la posture qui vous aide à supporter la douleur, selon que vous ressentez les contractions dans le dos ou dans le ventre. Vous pouvez vous tenir debout, dos à l’horizontale, et vous étirer en vous tenant à une commode par exemple. Vous pouvez également passer une écharpe autour du cou de votre mari et vous suspendre à l’écharpe afin de relâcher complètement et d’étirer votre rachis. Vous pouvez encore utiliser le ballon en effectuant des mouvements rotatifs et votre conjoint peut se placer dans votre dos et vous masser le bas du dos avec la paume de la main.

Pour vous inspirer, l’histoire réelle d’une femme ayant accouché sans péridurale pour se premier bébé. Arrivée en salle de travail à 4 centimètres, elle a passé deux heures dans la baignoire car elle y supportait mieux les contractions. Sortie à 6cm car elle exprimait une sensation de poussée, elle parvenait à se détendre complètement durant les contractions, et lorsque la contraction arrivait, elle dansait en se balançant, descendait accroupie en se tenant aux bras de la sage-femme, et remontait. La mobilisation et la danse l’aidaient à supporter les contractions utérines, et permettaient au passage de faciliter la descente de bébé dans le bassin.

Lâcher prise et hypnose

Enfin, apprenez à lâcher prise. A penser au moment présent et non à la douleur que vous pourriez ressentir dans deux heures, à la douleur que vous pourrez ressentir lorsque le bébé descendra. Concentrez-vous sur le moment présent. A chaque contraction qui arrive, rappelez vous qu’elle dure trente secondes au plus, respirez profondément, et lorsqu’elle repart détendez-vous complètement, essayez de l’oublier et détendez votre corps pour aborder la prochaine comme si c’était la première. Gérez le moment présent.

Pour finir, sachez que l’hypnose est de plus en plus utilisée en médecine, notamment dans certaines chirurgies du cerveau qui ne permettent pas l’anesthésie générale. De plus en plus de formations à l’hypnose sont proposées au corps médical et aux professionnels de santé. Alors pour vous aider à affronter ces douleurs, vous pouvez recourir à l’hypnose. De nombreux supports sont même disponibles en ligne, et ne vous inquiétez pas, vous vous souvenez de tout au réveil. Parmi eux, une vidéo qui est utilisée lors de cours de préparation à l’accouchement, et qui recueille de très bons retours. Installez-vous confortablement, mettez vous dans une ambiance reposante, et profitez de ce moment de détente que vous pouvez utiliser à n’importe quel moment à l’avenir.

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