Post-partum immédiat

Après l’accouchement, vous restez deux heures en salle de travail avec votre bébé et la personne qui vous accompagne s’il y a. Vous n’êtes généralement pas autorisée à manger.

En effet, la sage-femme ou dans certains établissements l’infirmière, vient régulièrement prendre votre tension artérielle, votre pouls et appuyer sur votre ventre afin de vérifier que votre utérus est bien tonique et que les saignements sont normaux.

Juste après l’accouchement, l’utérus qui mesure généralement 35cm à terme se contracte pour former une “boule” dure palpable qui arrive généralement à hauteur de l’ombilic. Les saignements post accouchement proviennent de la zone où le placenta était implanté, et l’utérus doit se contracter pour permettre aux vaisseaux qui alimentaient le placenta de saigner.

Lorsque l’utérus se contracte mal, ou parfois sans raison apparente, les saignements peuvent alors être subnormaux : on parle alors d’hémorragie de la délivrance, à partir de 500 millilitres de sang. Dans ces circonstances, la sage-femme appelle l’anesthésiste et le gynécologue pour une prise en charge adaptée.

Généralement, l’anesthésiste se préoccupe de l’état hémodynamique de la patiente (tension artérielle, remplissage vasculaire pour maintenir une tension adaptée, bilan sanguin) pendant que le gynécologue-obstétricien recherche l’origine du saignement. Il vérifie que l’hémorragie ne provient ni des déchirures vaginales, ni du col de l’utérus. Lorsque ces hypothèses sont écartées, il vérifie en introduisant la main dans l’utérus que celui-ci est bien vide. La patiente est alors toujours sous péridurale, ou l’anesthésiste lui administre des produits pour la douleur.

Un utérus ne contenant ne serait-ce qu’un bout de membrane issue de la poche des eaux ou un bout de placenta ne se contracte pas et peut engendrer une hémorragie. C’est d’ailleurs pour cela que lorsque vous ne saignez pas, vous pouvez être rassurée quant au fait que votre utérus est vide.

En cas d’hémorragie non solutionnée par les médicaments habituels, une embolisation des artères utérines est envisagée, et dans les cas les plus sérieux l’ablation de l’utérus s’avère indispensable pour sauver la vie de la patiente. Rassurez-vous, ce n’est pas fréquent du tout ! Nous vous racontons tout cela pour vous informer et non vous angoisser, un peu comme l’hôtesse de l’air qui vous donne les consignes de sécurité juste avant le vol.

L’hémorragie du post-partum est la première cause de mortalité maternelle en France, et le nombre de décès et d’environ une vingtaine par an pour 700 000 à 800 000 naissances. C’est encore trop ! A titre de comparaison le nombre de décès sur les routes est d’environ 200 à 300 par an.

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