Les bilans sanguins

Cet article a pour objectif de vous expliquer les principales prises de sang que vous pourrez avoir durant votre grossesse. Nous vous mettons en garde sur le fait que même si nous vous donnons quelques clés de compréhension, et si les normes sont généralement notées sur les résultats d’analyses, seul(e) votre médecin ou votre sage-femme est compétent pour les analyser. En effet, même si certains résultats ne sont pas exactement dans les normes, les professionnels de santé sont aptes à évaluer ce qui est vraiment pathologique ou non. Inutile donc de vous affoler au moindre résultat !

 

Rubéole

La rubéole est une infection contagieuse sans gravité mais qui peut avoir des conséquences sur le foetus si une femme enceinte la contracte en début de grossesse. En principe, les individus sont vaccinés contre la rubéole. Néanmoins, certaines personnes ne sont pas vaccinées ou alors ne réagissent pas au vaccin et peuvent sont alors susceptibles de l’attraper. C’est pourquoi elle est pratiquée tous les mois en début de grossesse jusqu’à 20SA environ, afin de s’assurer que la patiente ne l’attrape pas pendant la grossesse.

On va donc doser les IgM qui signifient une immunité récente, et les IgG qui signifient une immunité ancienne. En cas d’IgG douteux (à la limite donc ne permettant pas d’être interprétés) et d’IgM négatifs, on considèrera la patiente comme non immunisée. En cas d’apparition d’IgM avant 20SA (séroconversion), un diagnostic prénatal peut être proposé afin de déterminer l’existence d’une infection foetale. Heureusement, la séroconversion est relativement rare, et la patiente sera vaccinée juste après l’accouchement. Comme il s’agit d’un vaccin vivant atténué, une contraception est obligatoire durant trois mois.

 

Toxoplasmose

La toxoplasmose est une infection parasitaire due au Toxoplasma Gondii. Ce parasite se développe dans des animaux qui sont des hôtes grâce auxquels il est véhiculé. Il peut donc infecter l’humain via la viande d’animaux dans laquelle il se développe, ou encore grâce aux chats qui le transportent et contaminent la terre via leurs excréments.

>>>Pour plus d’informations lisez notre article “Evitez la toxoplasmose”

La toxoplasmose n’est pas dangereuse ordinairement, mais elle présente des risques malformatifs pour le foetus. C’est pour cette raison que la première prise de sang de la grossesse vise à déterminer votre statut sérologique, c’est-à-dire à savoir si oui ou non vous avez déjà été en contact avec le parasite. Si vous avec déjà été en contact avec le parasite, vous êtes immunisée et donc vous ne pouvez pas l’attraper une nouvelle fois. De la même manière que pour la toxoplasmose, on va doser les IgM et les IgG. La présence d’IgG traduit une immunité ancienne. En cas d’IgG négatives, une prise de sang sera effectuée tous les mois jusqu’à la fin de la grossesse.

 

Hépatites B et C

Les hépatites B et C guérissent parfois spontanément, ou peuvent devenir chroniques. Elles atteignent principalement le foie et peuvent être à l’origine de cirrhose hépatique dans le temps. L’hépatite B se transmet principalement par voie sexuelle ou par du partage d’objets en contact avec du sang, même en quantité minime, et très rarement par lors de baisers (il faut pour cela que la salive chargée en virus soit en contact avec une lésion buccale ou que la salive contienne du sang).

Afin de déterminer si l’hépatite est absente, guérie ou chronique, on va doser différents éléments. L’Antigène HBs est mesurable 1 à 3 mois après l’infection et sa présence traduit l’existence d’une hépatite aigüe ou chronique. Le dosage de l’Anticorps anti-HBs (dirigé contre l’Antigène) permet d’évaluer si la patiente est immunisée (dosage positif). Enfin l’Anticorps anti-HBC montre que la patiente a été exposée au virus et traduit généralement une hépatite guérie.

Pour une patiente porteuse de l’hépatite B, l’enfant est vacciné dès la naissance et reçoit une injection d’immunoglobulines. Dès lors, l’enfant est protégé, et la maman peut allaiter son enfant.

L’hépatite C (HCV) se transmet par voie sanguine, et habituellement pas lors de rapports sexuels. Une sérologie est réalisée en début de grossesse afin de connaitre le statut sérologique de la patiente. Si la patiente est porteuse d’une hépatite C, une consultation avec un hépatologue est organisée. Il n’y a pas de contre-indication maternelle à l’allaitement.

 

Syphilis

La syphilis est une maladie sexuellement transmissible ancienne qui connait une recrudescence depuis les années 2000. Elle connait trois phases avec des symptômes spécifiques et non soignée, elle peut aller jusqu’au décès. Elle évolue durant plusieurs années et non prise en charge, elle peut provoquer de graves complications cardiaques ou neurologiques. On la recherche dans le premier bilan de grossesse en la retrouvant sous le terme BW ou TPHA/VDRL.

 

HIV

Le HIV ou Virus de l’Immunodéficience Humaine est un virus qui se transmet par voie sexuelle, par voie sanguine ou de la mère au bébé. Il n’existe à ce jour pas de traitement, mais des médicaments, les anti-rétroviraux, bloquent l’évolution de la maladie.

Sans anti-rétroviraux (ARV), le risque de transmission materno-foetale est de 15 à 20%. Chez les patientes bien suivies qui grâce à leur traitement permettent d’obtenir une charge virale indétectable, ce risque tombe à 0,56-1%.

 

Glycémie à jeun au premier trimestre

Une glycémie à jeun est réalisée en début de grossesse. Il faut ne pas avoir consommé d’aliments ni bu d’autres boissons que de l’eau depuis au moins 12 heures. Elle permet un dépistage précoce du diabète gestationnel. Une glycémie à jeun supérieure ou égale à 0,92 diagnostique un diabète de la grossesse. Lorsque cette glycémie est supérieure à 1,26, elle diagnostique un diabète pré-existant à la grossesse.

 

Détermination du groupe Rhésus

Une carte de groupe sanguin avec deux déterminations est obligatoire pour l’accouchement pour la prévention de l’allo-immunisation et du risque hémorragique.

En cas de Rhésus négatif de la patiente, un génotypage du Rhésus foetal peut être proposé via une prise de sang faite à la mère. L’objectif est de déterminer le Rhésus foetal circulant dans le sang maternel. Si l’enfant est du même Rhésus que sa mère, il n’y a pas de prise en charge particulière. Si l’enfant est de Rhésus positif, une injection de Rhophylac est réalisée en prévention à 28SA et en cas de saignements ou choc abdominal. En effet, en cas de Rhésus positif de l’enfant, la mère peut fabriquer des anticorps dirigés contre le Rhésus positif. Il n’y a pas de risque pour la grossesse en cours. En revanche, cette mémoire immunitaire peut compromettre une grossesse future si le nouvel enfant est de Rhésus positif.

 

Numération formule sanguine

La numération formule sanguine permet d’analyser les éléments du sang comme les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

 

Ferritine

La ferritine est une protéine permettant de stocker le fer dans l’organisme. Le premier signe d’une carence en fer est l’hypoferritinémie. L’hyperferritinémie est généralement associée à des pathologies.

 

Electrophorèse de l’hémoglobine

Ce bilan est pratiqué chez certaines personnes afin de vérifier que l’hémoglobine de la personne est normale. L’hémoglobine A est la principale forme d’hémoglobine présente chez l’Homme. Les principales anomalies de l’hémoglobine sont la drépanocytose (hémoglobine S) et les thalassémies (hémoglobine F). On peut être porteur sain si on possède une version saine du gène, même si l’autre version est pathologique (c’est ce qu’on appelle hétérozygote). Il est important de le savoir car la version malade peut être transmise au bébé. On pratique alors une électrophorèse chez le conjoint afin de déterminer si lui aussi est susceptible de transmettre une version malade du gène.

 

Glycosurie

C’est le taux de sucres dans les urines. Il est généralement utilisé afin de dépister un éventuel diabète puisque en cas de glycémies très déséquilibrées, on peut voir apparaitre une glycosurie dans les urines. Elle est réalisée mensuellement.

 

Protéinurie

La protéinurie permet de détecter la présence de protéines dans les urines qui n’en contiennent normalement que très peu. La protéinurie peut être augmentée durant la grossesse à cause d’une maladie appelée pré-éclampsie.Elle est également réalisée une fois par mois en même temps que la glycosurie. Parfois, une protéinurie des 24 heures peut-être réalisée afin d’évaluer de manière plus précise la présence de protéines dans les urines, voire un ECBU (examen cytobactériologique des urines).

>>Pour en savoir plus, découvrez notre article sur la pré-éclampsie

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